Uvira : le CICR forme journalistes et influenceurs au fact-checking et à l’intelligence artificielle

Uvira : le CICR forme journalistes et influenceurs au fact-checking et à l’intelligence artificielle

Des journalistes et influenceurs venus d’Uvira, Baraka ainsi que des territoires d’Uvira et de Fizi ont participé, du jeudi 24 au vendredi 25 septembre 2026, à une formation consacrée au fact-checking et à l’intelligence artificielle générative.

Organisée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à l’hôtel Suzanne, dans la commune de Kalundu à Uvira, cette session de deux jours visait notamment à renforcer les capacités des professionnels des médias face à la propagation de la désinformation, particulièrement dans un contexte marqué par les conflits armés.

Les participants ont été formés sur plusieurs thématiques, notamment les fondamentaux de la vérification des faits, le rôle de Facebook, WhatsApp et X dans la diffusion et la lutte contre la désinformation, l’identification des fausses informations sur les réseaux sociaux, ainsi que les techniques de rédaction d’un article de fact-checking.

Une attention particulière a également été accordée à la détection des images générées ou manipulées par l’intelligence artificielle, avec des exercices pratiques basés notamment sur l’expérience de Balobaki Check.

Pour Ange Kasongo, de Balobaki Check et facilitatrice de la formation, l’objectif était également d’aider les journalistes à mieux comprendre les possibilités et les limites de l’IA.

« L’objectif de ces deux jours était d’abord de sensibiliser sur les outils de l’intelligence artificielle générative, de montrer comment les rédactions peuvent s’en servir aujourd’hui, mais aussi de faire connaître ses faiblesses afin que l’IA ne devienne pas un raccourci pour les journalistes », a-t-elle expliqué

Elle a également insisté sur l’importance des outils permettant de vérifier les images sorties de leur contexte, particulièrement dans les zones affectées par les conflits.

« Nous sommes dans un contexte conflictuel où certaines parties peuvent essayer de manipuler l’opinion, mais aussi les journalistes », a-t-elle ajouté, précisant que cette formation répondait également au constat de la circulation de fausses informations à Uvira.

De son côté, le CICR a rappelé le rôle important des médias dans la diffusion d’informations fiables et dans la sensibilisation des communautés affectées par les conflits armés.

Oumarou Robiou Daddy , coordinateur de la communication du CICR basé à Kinshasa, a souligné l’importance de cette collaboration avec les professionnels des médias.

« Le CICR interagit avec les médias qui sont un partenaire important dans le cadre de la vulgarisation de nos préoccupations humanitaires et de la visibilité de nos actions », a-t-il déclaré

Selon lui, les questions liées à la désinformation, à la mésinformation et aux discours de haine peuvent avoir un impact important sur les communautés affectées par les conflits ainsi que sur l’action humanitaire.

Cette formation intervient ainsi dans un contexte où la circulation rapide de contenus non vérifiés sur les réseaux sociaux constitue un défi pour les journalistes et les acteurs humanitaires. Elle vise à encourager une utilisation plus responsable des outils numériques et de l’intelligence artificielle dans la production et la diffusion de l’information.

Asandi Muzungu Tony