La société civile du territoire de Fizi alerte sur la reprise des combats dans les hauts plateaux. Dans une note d’interpellation publiée ce mercredi 3 juin 2026, elle dénonce des affrontements depuis le 1er juin entre la coalition gouvernementale et les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/M23, mouvement Twiganeho.
Selon le Bureau de Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu, antenne de Fizi, les hostilités sont signalées dans les villages de Minembwe, Kalingi, Madegu, Mikenge et Kagepe. Des zones déjà fragilisées qui replongent dans la violence.
Pour Maître Jacques Alimasi, président de la société civile à Fizi, cette reprise des hostilités intervient alors que les belligérants ont signé plusieurs accords de cessez-le-feu. Il cite notamment les déclarations conjointes issues des processus de Doha et de Washington, sous médiation du Qatar et des États-Unis.
« Cette reprise des hostilités se réalise dans un contexte où les parties en conflit ont déjà signé plusieurs instruments juridiques », a-t-il souligné.
La société civile pointe des conséquences immédiates : déplacements massifs de populations et aggravation de la crise humanitaire. Elle s’inquiète aussi pour la scolarité des enfants, alors que la RDC s’apprête à lancer l’ENAFEP et le TENASOSP.
« Nous tendons vers la fin de l’année scolaire. Les élèves de ces zones se préparent aux examens. Nous craignons une perturbation de ces épreuves qui portent un intérêt capital sur l’avenir de nos enfants et de la RDC », alerte la note.
La société civile qualifie ces attaques de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Elle appelle les belligérants au respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme.
Au-delà des hauts plateaux, la structure déplore la recrudescence de l’insécurité à Baraka et sur l’ensemble du territoire. Assassinats, extorsions, vols et cambriolages seraient devenus récurrents, selon le document N°12/SOCIV FIZI/2026.
Face à cette situation, la société civile formule 4 demandes urgentes :
1. *À la communauté internationale* : Appuyer les processus de paix de Doha et Washington, et renforcer le mécanisme de vérification du cessez-le-feu par la MONUSCO.
2. *Au gouvernement congolais* : Restaurer son autorité et améliorer les conditions de vie de la population.
3. *Aux belligérants* : Respecter les accords déjà signés pour une paix durable.
4. *Au gouvernement* : Accélérer l’opérationnalisation du P-DDRCS, car plusieurs armes et munitions de guerre circulent encore.
La rédaction