La Crème des Jeunes Intellectuels du Nord-Kivu s’est prononcée contre la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani. Dans un communiqué rendu public le 15 avril, l’organisation estime que cette initiative pourrait dissimuler des « motivations politiques » de nature à fragiliser l’équilibre institutionnel.
L’organisation dit reconnaître le rôle du contrôle parlementaire dans une démocratie. Elle affirme toutefois craindre une « dérive préoccupante » et évoque des « indices » d’une instrumentalisation de la démarche, sans les détailler. Selon elle, cette situation risquerait d’exacerber les divisions internes et de porter atteinte à la cohésion nationale.
La Crème des Jeunes Intellectuels juge « inopportun » d’alimenter de nouvelles tensions politiques en raison du contexte sécuritaire tendu dans l’Est du pays. Elle appelle à l’unité et à une mobilisation collective face aux menaces qui pèsent sur la République.
Le communiqué évoque également des « rivalités politiques » et des « considérations personnelles » qui influenceraient la dynamique autour de la motion, notamment en lien avec la reconnaissance des actions menées par le Vice-Premier ministre. L’organisation déclare rejeter cette logique au nom de « l’intérêt supérieur de la Nation ».
L’organisation invite le Président de la République à jouer son rôle de garant de l’unité nationale. Elle l’exhorte à prendre des mesures pour préserver la stabilité des institutions, prévenir toute manipulation politique et renforcer la cohésion entre les acteurs étatiques.
La Crème des Jeunes Intellectuels insiste sur le fait que la sécurité intérieure « ne doit en aucun cas être sacrifiée sur l’autel des calculs politiques ». Elle rappelle que l’Est du pays reste marqué par des violences persistantes et que la priorité doit demeurer la protection des populations et la défense de l’intégrité territoriale.
Au moment de la publication, la Rédaction n’avait pas obtenu la réaction du bureau de l’Assemblée nationale ni celle des députés initiateurs de la motion de défiance citée dans le communiqué. Le contenu de la motion, les griefs précis reprochés au Vice-Premier ministre et le calendrier de son examen n’ont pas été confirmés de source parlementaire indépendante.
Conformément aux règles déontologiques régissant la presse en République Démocratique du Congo, la Rédaction reste ouverte aux droits de réponse des acteurs concernés, notamment les députés signataires de la motion et le cabinet du Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani.
Moïse Excel Mfaume, depuis Goma