Au moins 80 personnes ont pris part à une formation de deux jours soit du 8 au 9 juin, organisée dans les groupements de Munigi et de Rusayo, en territoire de Nyiragongo.
Cette initiative visait à renforcer les capacités des participants dans la lutte contre la désinformation et la promotion de la cohésion sociale au sein des communautés locales.
Les bénéficiaires ont été formés sur plusieurs thématiques clés, notamment le développement de l’esprit critique, l’identification des fausses informations, les mécanismes de prévention de la manipulation de l’information ainsi que les méthodes de résolution pacifique des conflits.
Cette activité s’inscrit dans le cadre d’une restitution communautaire organisée à l’issue de plus de trois mois de formation de jeunes engagés dans le projet « Ujana kwa Amani na Maendeleo », mis en œuvre par Pole Institute. Ce programme avait réuni 30 jeunes issus de différentes associations, confessions religieuses et villages du territoire de Nyiragongo.
Les premiers modules ont porté sur le renforcement de l’esprit critique face aux informations diffusées, particulièrement sur les réseaux sociaux.
Les formateurs ont insisté sur l’importance de vérifier les sources avant tout partage, d’identifier les contenus manipulés, les vidéos sorties de leur contexte ainsi que les publications susceptibles d’alimenter la désinformation.
Parmi les participants figuraient des influenceurs, des étudiants, des élèves finalistes, des utilisateurs actifs des réseaux sociaux, des responsables d’associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), des leaders religieux ainsi que des membres de diverses organisations locales. Tous ont été sensibilisés aux risques liés à la circulation d’informations trompeuses dans l’environnement numérique actuel.
Selon Mme Diane Hamuli, point focal de l’initiative, ces séances visent à renforcer la résilience des communautés locales face aux défis de la désinformation.
« À travers ces échanges, nous voulons contribuer au renforcement de l’esprit critique chez les jeunes, les femmes et les leaders communautaires afin de prévenir la désinformation et de promouvoir la cohésion sociale au sein des communautés de Nyiragongo », a-t-elle expliqué.
Les participants ont salué la pertinence de cette formation dans un contexte marqué par la circulation rapide des informations sur les plateformes numériques.
Artiste de son état, Justin Nzabonimpa reconnaît avoir souvent partagé des contenus sans en vérifier l’origine.
« Avant cette formation, je relayais facilement les informations trouvées sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, je sais qu’il faut d’abord vérifier la source, analyser le contenu et évaluer l’intérêt de le partager pour ma sécurité et celle de ma communauté », a-t-il témoigné.
De son côté, Mme Shukrani Salumu Francine, habitante de Ngangi 2, affirme vouloir mettre en pratique les connaissances acquises afin de devenir une actrice de paix dans son milieu.
« Désormais, avant de croire ou de partager une information, je vais d’abord la vérifier. Je compte également sensibiliser mon entourage afin que nous devenions tous des acteurs de paix et de développement », a-t-elle déclaré.
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants souhaitent notamment que les notions relatives à la vérification de l’information et à l’esprit critique soient davantage diffusées à travers les radios, les écoles, les espaces publics et les communautés locales.
« Cette matière devrait être enseignée à grande échelle, car nous pouvons tous être, parfois sans le savoir, des vecteurs de désinformation », a souligné Bahati Kitumu Jackson, jeune de Rusayo.
Les travaux se sont déroulés dans un climat participatif, permettant à chacun de partager librement ses expériences et ses préoccupations. Les organisateurs espèrent que les connaissances acquises contribueront à renforcer la résilience des communautés face à la désinformation et à consolider durablement la paix sociale dans le territoire de Nyiragongo.
Moïse Excel, depuis Goma