Luvungi : la reprise de la cité ravive les inquiétudes sur les droits humains

Luvungi : la reprise de la cité ravive les inquiétudes sur les droits humains

La reprise des cités de Sange et Luvungi, dans la plaine de la Ruzizi, après le retrait de l’AFC/M23, s’accompagne de nouvelles inquiétudes concernant la situation des droits humains. Des acteurs locaux rapportent des cas présumés d’arrestations, de menaces et de règlements de comptes liés à des accusations de collaboration avec l’ennemi.

Des accusations qui alimentent les arrestations

Selon plusieurs témoignages recueillis localement, certains citoyens seraient désormais inquiétés en raison de leur présence dans la zone durant la période d’occupation.

Des commerçants, des leaders communautaires et de jeunes cadres figureraient parmi les personnes visées par ces accusations. Plusieurs acteurs de la société civile auraient également quitté le pays pour se réfugier au Burundi, tandis que d’autres auraient choisi de rester dans la clandestinité, craignant pour leur sécurité.

Méthode Ngangara, un cas qui inquiète

La situation de Méthode Ngangara, coordinateur de l’ONG APDE, illustre les préoccupations exprimées par la société civile.

D’après les informations rapportées, M. Ngangara aurait été interpellé par des hommes armés. Son bureau aurait également été perquisitionné au cours de l’opération.

Après l’intervention de certaines autorités locales, il aurait été remis en liberté. Toutefois, son ordinateur et ses téléphones ne lui auraient pas été restitués.

Craignant pour sa sécurité, Méthode Ngangara aurait ensuite décidé de s’installer provisoirement à Uvira.

La société civile appelle à la protection des citoyens

Ces événements suscitent une vive inquiétude parmi les forces vives de la plaine de la Ruzizi, qui redoutent une multiplication des tensions et des règlements de comptes dans un contexte sécuritaire encore fragile.

Les représentants de la société civile appellent les autorités administratives et militaires à intervenir afin de mettre fin aux arrestations arbitraires, aux menaces et à ce qu’ils qualifient de « chasse à l’homme ».

Ils demandent également que la sécurité et les droits fondamentaux de tous les citoyens soient garantis, indépendamment de leur lieu de résidence pendant la période d’occupation.

Un retour à la stabilité encore fragile

Alors que les populations tentent de reprendre une vie normale après plusieurs mois de conflit et de déplacements, les témoignages rapportés montrent que le retour à la stabilité reste fragile dans la plaine de la Ruzizi.

Pour les acteurs de la société civile, la protection des citoyens, des défenseurs des droits humains et des acteurs communautaires doit demeurer une priorité afin d’éviter une nouvelle escalade des tensions.

La rédaction