Les organisations International Peace Information Service (IPIS) et Bureau d’études Scientifiques et Techniques (BEST )ont clôturé, ce vendredi 1 Mai 2026, un atelier de restitution de deux jours consacré à l’analyse des conflits dans le secteur minier artisanal et à la cartographie des sites miniers .
L’activité s’est tenue à Fizi-centre et a porté sur le groupement de Basimukuma Sud, dans le secteur de Mutambala, en territoire de Fizi, au Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo.
L’atelier a été lancé jeudi vers 10 heures, dans la salle polyvalente du territoire, par Innocent Barwani, administrateur assistant du territoire de Fizi chargé des questions économiques et de développement.
Il a rappelé qu’à travers le projet « Madini kwa Amani na Maendeleo », ces organisations contribuent au développement du territoire de Fizi, en particulier dans le secteur de Mutambala.
Il a précisé que les ONG ont notamment réhabilité le pont de Simbi.
Selon les organisateurs, cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Madini kwa Amani na Maendeleo », exécuté par un consortium de cinq organisations : Alerte International, OGP, IPIS, BEST et Justice Plus.
Le projet vise à renforcer la stabilité et la paix autour des sites miniers du groupement de Basimukuma Sud, avec un accent particulier sur Mukera où se concentre l’exploitation minière.
Dans un entretien accordé à la presse, l’ingénieur Bertin Muganuza, d’IPIS, a indiqué que l’atelier a réuni les acteurs impliqués dans le secteur minier de Basimukuma Sud, notamment ceux de Kananda, Mukera, Simbi et Itota.
> « Notre objectif était de leur présenter les résultats de l’analyse que nous avons menée en janvier 2025 dans le cadre du projet Madini kwa Amani na Maendeleo, afin qu’ils puissent amender, compléter ou retirer certains éléments. Ensemble, nous avons passé en revue les données. Ils ont validé les résultats et formulé d’autres recommandations que nous prendrons en compte au regard des réalités actuelles du terrain », a déclaré l’ingénieur Bertin Muganuza.
Il a, par ailleurs, appelé les participants et la communauté de Basimukuma Sud à s’approprier la deuxième phase du projet « Madini kwa Amani na Maendeleo », dans l’intérêt de leurs entités.
Pendant deux jours, les participants ont mené des travaux en groupes sur les conflits existants et latents dans le groupement de Basimukuma Sud, ainsi que sur les enjeux liés à l’exploitation minière. Ils ont relevé la persistance de tensions dans les zones d’exploitation, notamment :
– les conflits entre les exploitants artisanaux et les services techniques de l’État, dont la Division des Mines et le SAEMAPE ;
– les conflits entre chefs coutumiers locaux, entre autres.
Le chef du village Mukera, MBUKA Omari Olengo Eshitumbula 13, a salué l’initiative et remercié les organisateurs :
> « Nous remercions vivement IPIS et BEST pour cette restitution. Nous leur demandons de poursuivre les séances avec les coopératives minières œuvrant à Mukera, les services étatiques des Mines et du SAEMAPE, ainsi que les autres acteurs, afin d’examiner comment nous pouvons obtenir notre part face à la destruction de notre environnement causée par l’exploitation dans nos entités. »
D’autres participants, notamment la société civile, les coopératives, les exploitants, les FARDC, l’ANR et d’autres parties prenantes, ont également remercié les organisateurs et promis d’accompagner la deuxième phase du projet « Madini kwa Amani na Maendeleo ».
Asandi Muzungu Tony