L’infirmier titulaire du centre de santé Fizi-Etat, Alain Alenga Mwenebatu, a été grièvement blessé par balle dans la nuit du mardi à ce mercredi 29 avril 2026 à son domicile, au quartier Malinde, dans la ville de Baraka, au Sud-Kivu.
Selon des sources locales, l’incident s’est produit vers 22 heures. Des hommes armés non encore identifiés ont fait irruption dans sa maison. Après lui avoir ravi ses téléphones, ils ont ouvert le feu sur lui avant de disparaître dans la nature. Touché par plusieurs balles, Alain Alenga Mwenebatu a été acheminé d’urgence à l’hôpital général de référence de Baraka où il est pris en charge. Son pronostic vital n’a pas encore été communiqué par les médecins.
L’Union Nationale des Infirmières et Infirmiers du Congo (UNIIC), zone de santé de Fizi, dit avoir appris « avec consternation » cette attaque. Dans une déclaration signée ce mercredi, l’UNIIC ZS Fizi condamne « avec la dernière énergie cet acte qui vise maintenant les personnels soignants ».
L’organisation lance un cri d’alarme aux autorités politico-administratives et militaires. Elle exige qu’elles « assument leur rôle afin que la justice lui soit rendue » et « assurent la sécurité de toute la population en général et des personnels soignants en particulier ». Pour l’UNIIC, « la continuité de ces incidents causera d’énormes dégâts sur la prise en charge médicale de la communauté ».
Cette attaque intervient dans un contexte sécuritaire tendu. Ces dernières semaines, les habitants de Baraka disent passer des nuits agitées à cause de crépitements de balles récurrents. Des sources locales pointent du doigt certains éléments des FARDC qui seraient à l’origine de tirs nocturnes sans motif apparent, semant la panique dans plusieurs quartiers.
La société civile locale dénonce une « banalisation des tirs » dans une ville pourtant censée être sécurisée. « Cette situation devient une habitude dans une ville où vivent des civils », déplorent des habitants joints par téléphone.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités militaires ou administratives sur l’attaque contre l’infirmier ni sur les tirs signalés dans la ville. Le centre de santé Fizi-Etat n’a pas non plus réagi publiquement, mais des collègues de la victime se disent choqués et inquiets .
Asandi Muzungu Tony